« Avoir le désir d’enfant ne suffit pas, car l’enfant ne se réduit pas à une fécondation à 400 euros »

Jean-Christophe Parisot, délégué ministériel à l’emploi et à l’intégration des personnes handicapées, publie une tribune dans Le Monde dans laquelle il explique que l’avis 129 du CCNE « ne tient pas compte des droits de l’enfant et ouvre en grand la porte au transhumanisme ».

Mis en ligne le 7 janvier 2019 Imprimer Imprimer

Jean-Christophe Parisot, délégué ministériel à l’emploi et à l’intégration des personnes handicapées, publie une tribune dans Le Monde dans laquelle il explique que l’avis 129 du CCNE « ne tient pas compte des droits de l’enfant et ouvre en grand la porte au transhumanisme ». Il rappelle les enjeux importants de la révision de la loi de bioéthique : « autoriser (ou non) des pratiques qui auront des conséquences importantes sur l’avenir de l’espèce humaine ».

Sur l’ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules, Jean-Christophe Parisot ne mâche pas ses mots : « En votant une loi ’PMA pour toutes’ (…) on va prendre le risque de faire entrer notre société dans l’ubérisation de la reproduction ». Il détaille quatre conséquences d’une telle disposition :

  • « La PMA engendrera inévitablement la GPA », au nom de l’égalité. Une simple « question de calendrier ». Avec la PMA pour toutes, « la reproduction est ramenée à une banale question de tuyauterie, et les hommes rabaissés au rôle d’étalons, alors qu’il s’agit d’abord de filiation entre un enfant et ses racines, le fruit d’une histoire d’amour, une transmission de repères identitaires ». Mais Jean-Christophe Parisot appelle à encadrer cette « tyrannie des adultes »« comme nous le faisons pour les dossiers d’adoption. Avoir le désir d’enfant ne suffit pas, car l’enfant ne se réduit pas à une fécondation à 400 euros ».
  • « On ne dialogue pas avec un échantillon de sperme », écrit-il, alors que l’enfant a besoin de « recevoir amour et complicité d’une femme et d’un homme, son père ». Il invoque la convention des droits de l’enfant ratifiée en 1990 par la France et rappelle que les pédopsychiatres « sont très inquiets n’avoir pas été pris au sérieux dans la préparation de la loi ».
  • Autoriser la PMA pour toutes, c’est encore aggraver « l’autoritarisme de la gestion des dons de sperme », sans respect du choix du donneur : « Son don sera accordé indifféremment à un couple, à deux femmes ou à une femme seule ». Et Jean Christophe Parisot s’interroge : « Quelle situation sera jugée prioritaire ? le traitement médical ou la demande sociétale ? ». Nul doute que le recours au « marché noir » des donneurs de sperme va s’intensifier, et que « les donneurs sauvages ont de beaux jours devant eux ».
  • Enfin, il rappelle qu’au-delà de la PMA, « la panoplie des nouveaux outils est sidérante »[1]. Mais « il faut mettre d’urgence de l’intelligence et de l’amour dans l’usage de ces ‘outils’ », sous peine d’ « ouvrir en grand la porte au transhumanisme ».

[1] « La reproduction hors du corps de la femme grâce à des machines (ectogenèse), les cellules souches, la thérapie des trois parents, les bébés génétiquement modifiés, la création d’humains améliorés, le rajeunissement des ovules des femmes âgées, les ciseaux ADN, la production de gamètes, l’ingénierie génétique, la biochirurgie, les nanotechnologies, la robotique et les imprimantes 3D ».

Source : Généthique

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