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A un clic de Dieu : Facegloria, le réseau social des évangéliques du Brésil

Ce réseau social évangélique brésilien compte déjà plus de 100.000 usagers en un mois et veut concurrencer Facebook.

Mis en ligne le 6 juillet 2015 Imprimer Imprimer

Des nuages cotonneux filent dans un ciel azur le temps d’entrer le mot de passe. Une musique gospel résonne quand les publications des amis virtuels apparaissent et au lieu de cliquer sur « j’aime » on clique sur « amen » : bienvenue sur « Facegloria ».
« Sur Facebook on voit beaucoup de violence et de pornographie, c’est pourquoi nous avons pensé à fonder un réseau où nous pourrions parler de Dieu, de l’Amour et partager sa parole », explique à l’AFP l’un des fondateurs, le dessinateur Atilla Barros.

Tout a commencé il y a trois ans quand avec trois collègues, employés comme lui de la mairie de Ferraz de Vasconcelos, à 27 km de Sao Paulo, ils en ont eu assez d’entrer dans Facebook et d’y trouver des contenus orduriers, selon eux.
A moins de 32 ans, ils sont propriétaires de Facegloria et parient sur les 42 millions d’évangéliques qui vivent au Brésil, 202 millions d’habitants.
Comptant sur le soutien privé du maire, ils ont créé une entreprise qui a recueilli 16.000 dollars en dons pour construire l’armature de Facegloria.

Patrouille « online »

Mais toute la face visible du réseau est leur oeuvre, depuis le logo en forme de nuage jusqu’à la règlementation des « posts ».
Bien que l’inscription sur Facegloria soit libre, les gros mots y sont bannis – il existe une liste noire de plus de 600 termes – tout comme les contenus violents, érotiques et les photos et vidéos de baisers entre homosexuels.
« Nous voulons être meilleurs moralement et structurellement que Facebook. Ce que nous voulons c’est que tout le public brésilien évangélique migre sur Facegloria », lance Barros sans sourciller.
Derrière la toile, plus de 20 volontaires patrouillent le réseau. Photos en bikini, selfies suggestifs et les images avec alcool et tabac sont évalués en fonction du contexte.
« Mais notre public ne publie pas ce genre de photos, il est plus sélect », affirme Daiane Santos, 26 ans, qui partage son temps entre le Secrétariat de l’industrie et du commerce de la ville et les six heures par jour qu’elle consacre bénévolement à Facegloria.

Objectif 10 millions

Plus grand pays catholique du monde, le Brésil voit progresser depuis plusieurs années le nombre d’évangéliques. En 1980, ils n’étaient que 6% contre 22% aujourd’hui alors que les catholiques ont chuté de près de 90% à 63% de la population dans la même période.
A ce rythme, d’ici à 2040, les évangéliques dépasseront les catholiques, d’où le pari des quatre fondateurs de Facegloria.
« Les évangéliques ont progressé avec l’intense processus d’urbanisation des 50 dernières années. Le discours pentecôtiste qui a beaucoup pris dans la périphérie et les favelas donne beaucoup d’importance à l’individu, seul responsable de son comportement s’il veut obtenir l’aide divine. Cette foi s’adapte mieux à la ville », explique l’expert en religion de l’Université catholique de Sao Paulo, Edin Abumanssur.

Les livres les plus vendus au Brésil au cours des deux dernières années sont les divers tomes de l’autobiographie d’Edir Macedo, le fondateur (en 1977) de la puissante Eglise Universelle du Royaume de Dieu, propriétaire du troisième groupe de médias du pays.

Alors que le groupe parlementaire évangélique a de plus en plus d’influence dans la politique brésilienne, le footballeur vedette Neymar qui a une croix tatouée sur la nuque, fête les buts qu’il marque en Europe avec un bandeau sur la tête où est inscrit « 100% Jésus ».
« Dans deux ans, nous voulons arriver à 10 millions d’usagers au Brésil. En un mois nous en avons eu 100.000 et dans deux mois nous attendons un nouveau pic avec la sortie des applications mobiles sur les portables », explique Barros.

Le maire Acir dos Santos, titulaire de l’entreprise éditrice de Facegloria voit plus loin : « Notre réseau est mondial. Nous avons aussi acheté le domaine Faceglory en anglais et dans toutes les langues possibles et imaginables. Nous voulons déranger Facebook et Twitter au Brésil et dans le monde », clame-t-il.

Source : Notre temps.ch


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