Suisse : pourquoi une augmentation croissante des demandes d’aide au suicide ?

Les injonctions comme : « réussis ta vie », « sois autonome », « considère l’utilité » en toute chose, « prends soin de toi », « avec la puissance d’un inconscient collectif jungien, deviennent problématiques au quatrième âge et semblent valider le non-sens de la poursuite d’une vie qui ne répondrait plus à ces critères ».

Mis en ligne le 19 décembre 2018 Imprimer Imprimer

En Suisse, les demandes d’aide à mourir ont beaucoup augmenté au cours des dernières années : « 86 cas aboutis en 2000, 724 en 2014, 965 en 2015 », détaille le docteur Jacques Aubert qui exerce en maison de retraite.

Pourquoi une telle demande ? Jacques Aubert explique que « par ses multiples injonctions, la société d’aujourd’hui invite certains seniors à prendre la décision, souvent très sereinement, d’en finir ».

Les injonctions comme : « réussis ta vie », « sois autonome », « considère l’utilité » en toute chose, « prends soin de toi », « avec la puissance d’un inconscient collectif jungien, deviennent problématiques au quatrième âge et semblent valider le non-sens de la poursuite d’une vie qui ne répondrait plus à ces critères ».

Citant Jean-Paul Sartre, « tout nous vient des autres ; être, c’est appartenir à quelqu’un », il en déduit qu’ « une perte trop importante des liens à l’autre apparaît bien comme un facteur majeur du mal-être et de la souffrance à l’origine de bien des demandes d’aide au suicide ». « Ne devrions-nous pas songer à mieux prendre soin de ces liens, redécouvrir les plaisirs simples de proximité, partager plus souvent des repas avec nos aïeux, bref, vivre l’émerveillement des regards échangés avec des êtres chers? », interroge-t-il.

Pas de suicide assisté pour « souffrances intolérables » dans le code de déontologie médicale suisse


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